Témoigner pour informer

RoseAujourd’hui, j’ai sauté le pas (encore un) et ai laissé mon témoignage sur https://leperversnarcissique.wordpress.com/

Pourquoi ?

Parce que je pense que, parfois, on se sent bien seule, démunie et, souvent, complètement perdue.
Je l’ai longtemps été.
Je me suis demandé ce qui clochait chez moi ? Pourquoi il semblait pendre plaisir à me tourmenter? Comment il pouvait arriver à se passer de moi aussi facilement alors qu’il prétendait m’aimer « jusqu’aux étoiles » ? Qu’est ce qui faisait que je ne semblais jamais à la hauteur de ses attentes ou, au contraire, que j’étais idolâtrée pour des choses importantes ? …

Je me suis posée de mauvaises questions.
Pas une seule fois je n’ai envisagé que le problème venait de lui avant de te lire…

La situation de départ
Je suis une fille pleine de vie. J’ai le contact facile. Je mène une belle carrière avec beaucoup d’énergie. J’ai deux adorables jumeaux en bas âge. Un mari aimant. Je parle beaucoup. Je ris. Je chante. Je danse. Je suis une fille bien dans ma peau. A priori.
Seulement voilà, avec cette double grossesse, je décide de perdre mes derniers kilos disgracieux dans un club de sport.
Je choisis un cours au hasard.
Je ne sais pas encore à quels dangers je m’expose.
Dès le début, je trouve le prof charmant.
Ok, il en fait des caisses, Ok il s’y croit à fond, Ok, il flirtouille avec tout ce qui bouge mais je mets ça sur son côté méditerranéen. Après tout, je suis mariée, maman et j’ai 5kg de trop. Je me crois intouchable.

Sauf que…

Sauf que, insidieusement, les contacts se multiplient. On discute de choses et d’autres et bientôt, QUELLE COÏNCIDENCE ! Il se trouve que c’est un passionné d’Égypte antique, tout comme moi (ça sera le premier mensonge d’une longue, longue, loooongue série). Ses « bonjours » sont plus joyeux et ses « au revoirs » s’éternisent.
On finit par s’ajouter sur les réseaux sociaux et tous s’accélère encore : chansons, compliments frisant parfois le ridicule (j’étais son tout, sa vie, son oxygène… après à peine quelques semaines de contacts plus poussés).
Je deviens très vite la femme de sa vie.

Il en vient très vite aux « je t’aime ».

Moi, je ne sais plus où en donner de la tête. Alors oui, il est charmant voire même vraiment torride (et vu qu’il a tout misé là-dessus, j’ai presque envie de dire : heureusement ! Ou il n’aurait vraiment rien pour lui), il est très présent (presque 150 messages/sms/commentaires/likes par jour) alors que mon mari travaille beaucoup, il est intarissable sur mes innombrables qualités, etc.

BREF

Arrive un moment où le doute va commencer à s’installer.

Tout bascule

A partir de ce moment-là, je ne sais pas si il a un sixième sens pour cela mais c’était vraiment presque magique, il va s’engouffrer dans TOUTES les failles que je vais pouvoir laisser paraître.

– Si je laisse sous-entendre que je m’occupe des petits seule pour une journée, il va me plaindre que je ne sois pas plus soutenue par ce dernier. Il se dira lui-même « toujours là pour moi »

– Je me confie un peu sur mon enfance « difficile », il se prétendra lui-même victime d’abus en tous genres (ce que j’ai encore beaucoup de mal à lui pardonner tellement je trouve le procédé répugnant)

– Il va calquer ses intérêts et goûts (de mes simples goûts musicaux jusqu’à des convictions plus personnelles) sur les miens jusqu’à reprendre à son compte des phrases ou des expressions que j’emploie couramment… Une dépersonnalisation presque…

– Il me maintient dans un contact constant, une attente permanente de ses messages, de ses likes, de son attention en somme.

Non seulement, il appuie sur toutes mes propres blessures narcissiques mais, en plus, il commence à me créer des besoins (besoin de lui, besoin de son avis, besoin de son regard,…).
Il nous crée une relation de toutes pièces en insistant sur le fait qu’on est « très intimes », « sur la même longueur d’onde », etc. alors, qu’avec le recul, on avait rien de tout cela. ABSOLUMENT RIEN.

Et pourtant… ça a marché.

Les masques tombent
Je me laisse entraîner dans une amourette d’ado.
Je trouve toujours qu’il en fait des caisses mais, à présent, je m’en moque.
C’est l’euphorie des débuts.
Un instant de grâce.
Jusqu’à ce que, sans crier gare… Il me plante.
Une bête histoire de rdv annulé (alors qu’il l’avait lui-même programmé) et moi qui exprime mon mécontentement.
En une fraction de seconde, on passe de « Je t’aime à la folie. Tu es essentielle à ma vie » à « les mots ont du dépasser mes pensées ».
Honnêtement, je connais à ce moment-là, une intense sensation de vide, de tristesse, de colère et de dépression.
Pas d’explication.
C’est fini.

« Restons amis »

Je me sens mourir.
Je me suis investie, j’ai pris des risques pour lui, ai menti à mon mari, ma famille, mes meilleures amies et je ne peux pas concevoir que j’ai fait tout cela pour lui.
Mais qu’importe.
Le jeudi suivant (on continue à faire du sport ensemble), j’accroche mon plus beau sourire et, tant pis, j’affronte son regard.
Incompréhension.
Je n’arrive pas à déchiffrer son regarde, je sais aujourd’hui que c’était du calcul.
Dès la fin de la séance, il fait mine de m’embrasser « comme si de rien n’était ».
Mon égo ne devait pas être assez brisé. En tous cas, mon sang ne fait qu’un tour.
C’est NON.
A partir de ce moment là, je vais m’en prendre plein la tronche. Harcèlement, menaces, colères noires, démonstrations d’agressivité,…
Le monstre montre enfin son vrai visage.

Rebelote !
Malheureusement, ce que j’ai fait sur un coup de tête, je vais également le défaire de la même manière. Après deux mois de rupture, la relation reprend exactement au même point qu’on l’avait laissée.
Malgré les insultes, les sms dévalorisation, le mépris, etc.
Pour un court moment, je suis à nouveau « tout ce qu’un homme peut désirer ».
Et puis, à nouveau sont revenues les longues périodes de silence, les rendez-vous que lui-même commandait pour décommander à la dernière minute, les mensonges (les petits, les gros et les impardonnables).
Je me devais d’être disponible pour lui alors qu’il était perpétuellement occupé ailleurs, je devais compatir et comprendre alors qu’il ne se souciait jamais de moi, je devais faire attention à mes photos de profil et ma façon de mon comporter alors qu’il flirtait ouvertement devant moi.
Et j’en passe tellement d’autres.

Tous ces affronts, ces chantages affectifs, ces mensonges pour tout et pour rien.

Je ne lui avais rien demandé et il voulait pourtant tout m’offrir.
Il a fait en sorte que j’ai besoin de lui pour mieux m’abandonner.
Il s’est saisi de tout ce qui faisait ma vie pour le retourner contre moi ou pour m’atteindre (que ce soient de simples chansons que j’aimais avant ou de l’amour que je porte à mes enfants).
Je me suis vidée de mon énergie à force de vouloir contenter l’incontentable…
J’ai perdu d’abord le sommeil en vaines questions puis l’appétit à force de culpabiliser.
Il m’a isolée des amis qui ont voulu me mettre en garde contre lui.
Il s’est déchargé de tous ses défauts sur moi. Moi qui était auparavant la « super maman », cette « fille exceptionnelle », je devenais une « allumeuse » qui devait presque le remercier d’être toujours avec moi.

Et se relever…
D’amourette en fausse histoire d’amour, de fausse histoire d’amour en drame imminent, je suis tombée sur ce site.
Et ça m’a fait un bien fou.
On ne soupçonnera jamais l’effet bénéfique que cela fait de se tenir informée.
Plus je lis à ce sujet, plus je me sens libre de lui. Détachée.
Je peux dire aujourd’hui que je suis victime de ma « positive attitude » ou de mon « réflexe d’infirmière ».
Même si ma situation est contre moi, et bien sûr j’aurai encore à me faire pardonner par mon époux, j’ai été entraînée presque malgré moi dans une relation truquée où il s’est posé en enfant blessé, enfant que j’ai voulu consoler.
Cela m’a appris beaucoup sur moi.
Sur les blessures que j’ai voulu panser chez et qui étaient en fait les miennes.
Je veux que de ce moment de noir intense jaillisse une étincelle positive.
Je veux transformer cette année de gâchis sans nom avec cette ordure innommable en leçon.
Cette expérience m’a permis d’être plus consciente de ces failles et je prendrai soin que plus personne ne puissent plus jamais s’y infiltrer.
BREF
J’ai compris, disséqué, digéré cette non-histoire et même, commencé à l’écrire,…
Et j’ai rompu.
Il y a tout juste un mois.
Aujourd’hui, je me prépare pour la dernière étape de ma guérison : le No contact.
Je sais qu’il n’y a que ça pour me préserver de lui et de sa noirceur.

Et, même si cela paraît insurmontable parfois (à cause de ce vide qu’il a laissé dans ma vie), je veux m’en sortir. Je peux m’en sortir.

Que ce témoignage soit un témoignage d’espoir les filles/les gars.
Continuons à aller de l’avant !
Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait. (Mark Twain)

Pour entrer dans l’univers de Scarlett (et ça en vaut la peine, croyez-moi), suivez le lien : https://leperversnarcissique.wordpress.com/2015/06/23/temoignage-seraphine-que-ce-temoignage-soit-un-temoignage-despoir/

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3 réflexions sur “Témoigner pour informer

  1. « Et, même si cela paraît insurmontable parfois (à cause de ce vide qu’il a laissé dans ma vie), je veux m’en sortir. Je peux m’en sortir. »

    ça n’est pas insurmontable, ça prend du temps c’est tout. Tu as plein de choses pour combler ce vide: l’amour de tes proches, l’art, la poésie, la musique, la danse, toutes choses qu’il n’aura jamais… Et oui, tu t’en sortiras. Plus grande, plus forte. Vivante. Et heureuse surtout. Ce qu’il ne sera jamais non plus 😉

    Aimé par 1 personne

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