Le syndrôme « Edward Cullen »

RoseOn a beaucoup parlé de ce qu’il y avait dans la tête des bourreaux ces derniers jours, parlons un peu de ce qui se passe chez les victimes (je m’appuie, entre autres, sur l’article de Scarlett sur https://leperversnarcissique.wordpress.com/2014/10/12/le-portrait-type-de-la-victime/ et sur mes recherches de la semaine).

J’ai dit, dans un précédent article, que le PN cherchait « une victime facile, un animal blessé », ce n’est qu’à moitié vrai, ou à moitié faux (ça dépend de vous). Après quelques recherches plus poussées, et que vous pouvez consulter dans la review de la semaine passée, je vais nuancer un peu mon propos.
Le manipulateur ne recherche pas une fille faible, déprimée ou mal dans ses baskets, non. Ce qu’il cherche chez vous, c’est de la joie de vivre, de l’intelligence, un faire-valoir, une vitrine (parfois), un trophée,… BREF de la nourriture pour son ego insatiable.
Par contre, il va rechercher dans cette personne forte, dans ce petit soleil, une faille narcissique.

Kesako ? Ça peut être un manque, une blessure profonde, infligée la plupart du temps dans sa plus tendre enfance : abandon, maltraitances, meurtrissures, inconforts,…
Et avec moi, il avait l’embarras du choix
Ou, plus pragmatique, un « coup de mou » dû à une perte d’emploi, prise de poids subite, deuil, déception amoureuse ou autre.
Des failles, des blessures dont le pervers va se servir pour se faire une place dans notre cœur, se faire passer pou un sauveur ou « la personne qui vous comprend » ou votre alter ego, peu importe, pourvu qu’il puisse vous envahir à la discrète.
Genre cheval de Troie
Contrairement aux idées reçues, donc, les manipulateurs narcissiques ne s’en prennent pas aux femmes qu’ils jugent faibles puisque leur objectif est de vider sa proie de ses forces vives, vous mettre à terre, vous vampiriser.

Quelques points communs entre les victimes :

  • une forte empathie : le point d’ancre du manipulateur pour étendre ensuite son emprise.
    L’empathie est la capacité à comprendre les sentiments et les émotions des autres.
    A ce niveau, le PN est une ardoise blanche. Pas de sentiment. Pas d’affect.
    Ça va être la toile vierge sur laquelle la victime va projeter ses propres sentiments car il est IMPENSABLE pour ce type de personne de concevoir un tel niveau d’indifférence et d’immoralité.
    Finalement, armée des meilleures attentions en voulant sauver son PN, la victime tente de se sauver elle-même en s’attendant à des réactions qui lui sont personnelles !
    Un vrai cercle vicieux.
  •  une certaine naïveté : ou un manque d’esprit critique.
    Aveuglée par le souvenir d’une période bénie, celle de la séduction, ce moment de love bombing intense – entendez par là, ce doux rêve où les attentions et les mots doux pleuvent, où vous êtes unique, essentielle et merveilleuse à ses yeux – vous serez vraiment dans le flou. Vous allez chercher des excuses à ses défections, vous allez adoucir ses paroles, atténuer ses remarques.
    Vous aurez la foi.
    Et vous vous serez trompée.
  • une dépendance affective latente ou assumée : les victimes souffrent souvent d’une dépendance affective (et c’est mon cas) ou d’une détresse momentanée (deuil, rupture, perte d’emploi,… La fameuse faille narcissique) et préfèrent s’accrocher à une relation destructrice plutôt que d’être seules.
    Personnellement, le fait d’être aimée – d’un amour vrai – par une personne vraie – honnête, tout simplement – m’a littéralement sauvée de l’enlisement. Il faut avoir vécu cette situation pour comprendre « celles qui restent », « celles qui ne peuvent pas partir ».
  • une mémoire traumatique chez certaines : chez de nombreuses victimes, le « traumatisme » causé par le pervers narcissique rappelle d’anciennes blessures, d’anciens schémas comme un parent lui-même pervers par exemple.
    J’étudie un peu plus sérieusement cette hypothèse depuis quelques jours…
    On m’a récemment fait remarqué que mon PN avait non seulement le même âge que mon père mais aussi la même pathologie…
    Je ne suis plus de celles qui croient aux coincidences.
  • un manque d’estime de soi : elle s’exprime soit par la croyance que l’on ne « vaut pas grand-chose » ou par celle qu’on ne retrouvera jamais mieux que ce bel Apollon.
    Malheureusement… Bien souvent… C’est le manipulateur lui-même qui se place en séducteur irrésistible et courtisé…
    Il si il doit, pour vous le faire croire, mentir et manipuler des informations… Tant pis pour votre ego !
  • Une absence totale de limites : parfois, les victimes ne savent même pas ce que signifie le mot « limite ». Souvent, elles ne se demandent même pas jusqu’où elles sont prêtes à supporter les abus. Elles ne savent pas dire « non » au bon moment et sont plutôt dans l’envie d’être la « petite fille sage » ou le « petit garçon idéal » pour les hommes.
  • Des adultes qui sont restés enfants : les victimes de PN qui restent sur le long terme et qui sont ensuite incapables de rebondir longtemps après le départ de leur compagnon (compagne pour les hommes), ont cette particularité d’être dans la position de « l’enfant » face au PN qui joue le rôle du « parent ».
    On assiste donc à la formation d’un couple d’enfants, à l’union de deux êtres profondément immatures mais qui donnent l’impression d’être adultes physiquement.
    Alors que le PN passe aisément d’une personne à une autre, la victime s’accroche à l’idée de ce parent sévère et critique parce qu’elle a du mal à savoir qui elle est réellement, elle n’a peut-être jamais pris le temps de se demander quelle est son identité de femme. D’où la difficulté à se prendre en charge et l’attente du retour du pervers narcissique pour reprendre le contrôle de l’esprit de sa victime.

Ce qui rend les pervers narcissiques particulièrement difficiles à repérer est qu’en phase de séduction, ils ne laissent rien transparaître.
Tout est contrôlé et maîtrisé pour offrir le masque de la perfection.
Mais une fois la toile tissée, il est très difficile de se détacher de cette « addiction », car il s’agit bien de cela et non d’amour.
D’ailleurs, la rupture d’avec un PN s’apparente à un sevrage affectif.
Ce qui m’amène à un dernier point qui n’a pas encore été soulevé et que j’appelais, en titre : le syndrome Edward Cullen.
Alors, oui, je me base sur mon expérience personnelle pour développer ce point mais c’est quelquechose qui semble transpirer dans beaucoup d’autres témoignages…
Que vous croyiez en un Christian Grey, un Lancelot du lac, un Mr Darcy, un Edward Cullen ou un Prince Charmant (même si je lui préfère le capitaine Crochet), l’idée est la même !
Vous avez une vision biaisée, édulcorée, idéalisée, de ce que devrais être l’Amour, le True Love.


Vous voulez d’un homme qui anticipe tous vos désirs,
qui vous connaît mieux que vous-même,
d’un amour qui durerait 1000 ans,
d’une fidélité indéfectible,
de quelqu’un qui mourrait d’amour pour vous,
qui pourfendrait des dragons,
qui serait à la fois votre sauveur, votre amant et votre meilleur ami gay,

HELLO ? C’est la vraie vie ici !
On est pas dans un roman, pas dans un poème et certainement pas dans un Disney.
La seule personne capable de vous aimer comme vous avez envie d’être aimée et au moment où vous avez envie d’être aimée de cette façon là… C’est vous-même.

Aimez-vous, vous-même, comme vous le méritez.
Soyez-en comblée…
Et puis laissez l’autre vous aimer comme lui aime Aimer…

Pourquoi cela a-t-il si bien marché avec moi?
Tout simplement parce que, durant la période de séduction, il a été mon Mr Darcy, mon Edward Cullen, mon Prince,…
Mais ce n’était pas lui,
ce n’était pas vrai,
et ça n’a pas duré…

Capture d’écran 2015-06-29 à 19.10.49

Épilogue
M’aimer moi-même, j’essaie chaque jour.
Ça lui laisse -à mon mari, mon TrueLove- plus de liberté pour m’aimer comme il le souhaite (et non comme j’attends qu’il m’aime).
Je découvre de nouvelles choses. Des choses qui me plaisent. Me plaisent moins. On en discute.
Il ne m’aime pas parce que je suis merveilleuse ou parfaite.
Il m’aime parce que j’ai 1001 défauts qui me rendent VRAIMENT unique.
Et je sais que ça, ce n’est pas un mensonge.
Rien ne pourra nous le retirer.
Je t’aime.

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