« On ne se console pas des chagrins, on s’en distrait »

L’écrit appelle l’écrit…
Ça me semble une évidence.
Aussi, je n’aurais peut-être pas dû tant m’étonner que le fait de raconter mon histoire pousse mes amies (et même, mes excellentes amies) à me raconter la leur.
C’est donc avec beaucoup de plaisir que je me fais l’intermédiaire entre elle et vous.

Je vous invite à parcourir attentivement ses petits conseils en fin d’article qui me semblent plein de bon sens pour celui ou celle qui souhaite remonter la pente en douceur !

Confidences de Sidonie

« Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé » disait Lamartine dans son poème L’Isolement.

Chaque rencontre dite « amoureuse » est particulière. Celle-ci m’a profondément marquée. Mettre des mots sur mon histoire me permet aujourd’hui de la comprendre, de prendre le recul nécessaire et de la partager avec vous. Ressentir le besoin d’écrire sur une expérience vécue avec un homme indique déjà que la situation a engendré des souffrances qui seront à dépasser. On laisse une part de soi chez un homme en qui l’on voyait un amant, un potentiel compagnon de vie. Renoncer à lui parce que son attitude provoque des blessures, ou parce que son amour ne semble pas réellement réciproque, dans tous les cas, le renoncement s’assimile au travail de deuil.

Lorsque je l’ai rencontré, j’ai ressenti une immense attirance vers lui. Il était charmant, agréable, sympathique, souriant. Il parlait avec humour et gentillesse. J’ai été heureuse qu’il me propose de nous revoir dans un avenir proche. Nous nous sommes régulièrement téléphoné. A chaque prise de contact, nos liens se resserraient, je me sentais conquise par cet être différent de moi : voyageur optimiste, aventurier dans l’âme. Nous nous parlions de nos projets, de nos vies, mais aussi de nos tracas. Une confiance réciproque semblait s’installer au point qu’il me confiait sa douloureuse expérience avec son ex-compagne. Elle aussi a été séduite rapidement par lui peu après leur rencontre, au point qu’elle lui propose qu’il s’installe avec elle. Au bout de quelques mois, leur passion commence à décliner, elle est de plus en plus amoureuse de l’un de ses collègues qu’elle voit régulièrement. Elle finit par mettre à la porte son compagnon, l’obligeant à dormir plusieurs nuits de suite dans les rues de Paris…J’ai été touchée et bouleversée par ces quelques confidences.

Nous avons décidé de nous revoir tous les deux un bon mois après notre rencontre. C’est moi qui me déplace jusque Paris. Lors de mon arrivée je suis anxieuse, fébrile, et même tremblante. Je le suis d’autant plus qu’il n’est pas là… Il ne m’attendait pas au lieu et à l’heure convenue. Je suis dans la plus grande incompréhension. Je lui téléphone et suite à mon appel, il me rejoint, avec un immense retard. Je ne savais quelle attitude prendre face à ce faux pas de sa part. Mais je ne voulais pas gâcher cette journée, et je souhaitais parvenir à faire connaissance avec lui, ce qui était le but premier de ma venue. Il s’est excusé dix fois de son retard. Puis nous nous sommes promenés à travers un Paris devenu romantique. Le temps était superbe, et nos mines radieuses. Nous nous sommes très vite rapprochés. Nous nous tenions la main, nous nous enlacions souvent, nous nous sommes embrassés comme deux véritables amoureux qui s’étaient retrouvés dans la ville de l’amour. Je nageais dans le bonheur, je me laissais porter par la joie et la sérénité d’être à ses côtés, dans ses bras. Nous nous disions que nous étions heureux de nous être rencontrés, et que nous prendrions le temps de nous connaître. Il m’a avoué qu’il souhaitait me proposer de venir chez lui pour faire l’amour mais que les débuts trop rapides ne mènent à rien. Et que nous avions tout le temps pour nous revoir maintes fois.

Au fil de la conversation, quel ne fut pas mon ébranlement quand il m’a annoncé que son ex-compagne a porté plainte contre lui pour motif d’agressions, de menaces et…de viol. Il admet que sa blessure et son énervement l’ont conduit à dire des injures, à lui donner une claque sur le visage, mais il me jure que les violences dont elle l’accuse sont de pures inventions contre lesquelles il devra se défendre dorénavant dans le cadre d’une procédure judiciaire.

Pourtant, notre échange amoureux continue pendant cette journée. Au fond de moi grandit un attachement, une affection pour cet homme. Je le serre fort contre moi, et j’ai l’impression que je suis comblée. Je repars le soir le cœur lourd, à peine suis-je dans le train qu’il me manque déjà terriblement. Les jours suivants, je ne vis que pour le retrouver.

Le lendemain de notre tendre journée, il me téléphone pour me dire que je suis une femme « agréable et gentille », et que tout ce qu’il espère, « c’est me revoir le plus vite possible ». Mais sa convocation à la police a eu raison de nous. Il a dû donner sa version des faits face aux accusations de son ex-compagne, et a été mis en garde à vue. Désormais il prend conscience que la bataille judiciaire ne fait que commencer, qu’elle sera longue et difficile. Ce n’est sans doute pas mon rôle, mais dans tous les cas, il ne souhaite plus que je sois à ses côtés. Un soir, il me fait part qu’il ne souhaite plus aucune relation avec une femme, il me dit qu’il garde un bon souvenir de notre journée, mais qu’il ne peut rien envisager avec moi, il craint la prison, et les poursuites. Il me dit que je suis une personne « exceptionnelle, jolie dedans et dehors ». Mais qu’il ne veut pas profiter de moi parce qu’il me respecte. Je fonds en larmes pendant de longues heures après cette conversation, je ne parviens pas à dormir. Au fond, cette belle histoire que j’avais espérée et imaginée s’effondrait, elle était balayée par le vent, comme si tout n’avait été qu’un mirage. « On ne se console pas des chagrins, on s’en distrait », Stendhal, Armance.

De temps à autre, il me téléphone encore, mais beaucoup plus rarement. Je ne sais pas s’il veut vraiment me revoir. Sa voix est triste, il semble souffrant. Il accumule les ennuis, son travail ne lui permet pas de gagner assez pour payer ses frais d’avocat, il a peur, et sombre dans un état de mélancolie permanent. Et moi je pense à lui tous les jours, il me manque terriblement. Je voudrais pouvoir l’aider même si son histoire n’est pas la mienne, mais je ne sais pas ce qu’il s’est réellement passé. C’est un homme égaré que j’ai trouvé sur mon chemin. Françoise Sagan disait « Aimer, ce n’est pas seulement aimer bien, c’est surtout comprendre ». En ce sens, je pense pouvoir dire que j’ai sincèrement aimé cet homme. Je l’aime toujours. Malgré ses difficultés, s’il m’aimait comme je l’aime, je lui aurais donné toute mon affection, et je l’aurais soutenu.

Je ne peux me résoudre à l’idée de ne plus jamais le revoir. Il me manquera toujours. A présent, j’espère me réveiller un matin et avoir moins mal.

« Cet amour insensé que je lui porte reste pour moi un insondable mystère ». Marguerite Duras, L’Amant.

J’ai toujours fait confiance en la vie et surtout en mes intuitions et mes jugements. Mon raisonnement et mes élans d’affection guident souvent mes choix. Mais si une relation aboutit à de la souffrance, c’est sans doute qu’elle ne pourra jamais être sereinement vécue.

Chacun recherche le bonheur au cours de l’existence. Mais prenons garde : le bonheur n’est pas loin au sommet de la montagne, mais au contraire en chacun de nous. C’est ainsi que nous avons tous la clé pour accéder à une existence heureuse, à condition de donner au « bonheur » une définition réaliste et praticable. Le bonheur est une manière personnelle de considérer la vie, de trouver le courage de poursuivre, en prêtant attention à tous ces petits faits que la plupart des gens ne remarquent même plus. Aimant beaucoup la philosophie et étant enthousiaste de nature, j’avais élaboré, dans mes moments heureux, une liste de choses à faire ou à concevoir dans mon esprit lorsque mon moral décline afin de recouvrer la santé, et de me recentrer sur moi (chose qui ne m’est pas toujours facile). Je cherche à garder l’équilibre que je me suis construit au fil des ans. La tristesse engendrée par une relation ne doit pas nous faire perdre nos qualités, qui seront reconnues par ailleurs par des personnes de valeur. Je partage aujourd’hui ces astuces avec vous pour que vous puissiez à votre tour les mettre en place, vivre en harmonie avec vous-même pour ensuite vous sentir bien/mieux avec les autres :

  • Chanter et écouter des chansons enthousiasmantes : « Elle vendait des hibiscus et des bougainvilliers, des morceaux de cannes à sucre, des foulards, des colliers, sur le marché de Marie-Galante… ». Extrait de Marie-Galante de la Compagnie Créole J
  • Identifier les problèmes auxquels on doit faire face, et les causes de la tristesse, les énumérer, les hiérarchiser, envisager les solutions pour parvenir à les dépasser.
  • Lire un ouvrage intéressant.
  • Repenser à un souvenir heureux, ainsi qu’aux différentes étapes positives déjà accomplies dans sa vie.
  • Se percevoir jeune tout au long de sa vie, la jeunesse principale doit venir de l’esprit avant d’être corporelle.
  • Faire une liste de projets réalisables en ayant toujours à l’esprit que les plus simples sont aussi les plus satisfaisants.
  • Sourire à la chance et en faire sa principale partenaire.
  • Recourir à l’humour et à l’autodérision.
  • Imaginer une promenade dans un jardin fleuri ou un vol au-dessus de l’océan.
  • Caresser un chien ou un chat, et vivre à ses côtés.
  • Mettre des fleurs dans son salon, sa terrasse, son jardin.
  • Faire de son logement un havre de paix, un lieu de sérénité et de méditation, un lieu de beauté reflétant ses goûts, ses choix et sa personnalité. Y passer du temps !
  • A tous ceux qui me méprisent, me jalousent, m’injurient, une seule réponse : « Hors de mon chemin ! ».
  • Rire avec ceux que l’on aime, sourire aux gens, rester aimable et bienveillant.
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