Le triangle de Karpman pour les Nuls

RoseLe triangle dramatique (TADAAAAAAAA ! Pardon, c’était trop tentant) dit aussi triangle de Karpman, est une figure d’analyse transactionnelle (dans les échanges relationnels) proposée par Stephen Karpman en 1968.
D’où son nom.
Il met en évidence un scénario relationnel typique entre victime, persécuteur et sauveur.
(Ces rôles étant symboliques, une même personne pouvant changer de rôle).

Capture d’écran 2015-07-22 à 17.54.08Pour le résumer rapidement, il schématise un jeu où la communication est malsaine et les relations néfastes pour les individus qui en font partie.

Distribution des rôles
Le triangle implique la mise en relation de 3 rôles complémentaires :

  • Victime :
    La victime attire à elle le persécuteur et le sauveur.
    Cela lui permet de rester dans son rôle qu’elle connaît depuis toujours.
    Bien qu’elle ne soit pas confortable dans cette situation, elle ignore toutefois ses comportements qui font d’elle une victime. On reconnaît une victime par les blessures et les souffrances qu’elle porte et dont elle ne cesse de se plaindre. Elle utilise ces faits pour attirer constamment l’attention du persécuteur ou du sauveur, et par le fait même lorsqu’elle trouve son sauveur, elle lui soutire l’énergie vitale dont elle a besoin pour survivre.
    Le sens de sa vie est d’avoir au moins un problème dont elle peut parler. Quand la victime n’a pas de problème, c’est semblable à un pêcheur qui ne met pas d’appât sur son hameçon, il n’attrape jamais de poisson.
    Pour elle l’appât sur l’hameçon est son problème et c’est grâce à cela qu’elle réussit à s’attirer un sauveur ou un persécuteur.
  • Persécuteur :
    Le persécuteur attire à lui le sauveur et la victime.
    Il projette le miroir de ses souffrances et de ses douleurs sur la victime, impuissante et faible.
    Le persécuteur l’utilise comme tampon pour absorber son trop plein de colère, de frustration et plusieurs autres émotions inconscientes.
    Il abuse de son pouvoir et il écrase sa victime. C’est le seul comportement inconscient dont il dispose pour se revaloriser car il n’a pas beaucoup d’estime personnel. Le persécuteur est un type bourreau, dominateur, brute, violent, castrant, dévalorisant et d’un tempérament très imprévisible aux niveaux comportemental et émotionnel. Il est comme une bombe à retardement dont on ne connaît pas le moment d’explosion.

  • Sauveur :
    Le sauveur attire à lui la victime et le persécuteur.
    Tous ses actions ont pour but de se faire aimer, de se faire accepter, de ne pas déplaire et d’éviter le rejet et l’affrontement. C’est le type pacifique, aimable, toujours d’accord, prêt à se sacrifier pour l’autre et à faire passer les besoins d’autrui avant les siens.
    Il dépend de l’amour des autres puisqu’il n’en possède pas pour lui-même. Il se dévalorise beaucoup car il a le sentiment de ne rien accomplir et de ne jamais en faire assez. En réalité il en fait énormément mais il est inconscient de ceci. Il a beaucoup de difficulté à reconnaître son potentiel et ses grandes qualités. Il ne vit que pour la reconnaissance d’autrui. Alors, il ne reconnaît son sens que lorsqu’il agit en fonction des autres.
    Tôt ou tard, le sauveur devient inévitablement une victime puisqu’il attend la reconnaissance qui ne vient jamais. C’est à ce moment-là qu’il se plaint d’une personne qu’il a aidé et qui ne l’a pas reconnu. Il cherche la compassion, la pitié et à ce moment il trouve un autre sauveur ou un persécuteur.
    (source :
    http://www.communicationgagnante.com/tag/triangle-de-karpman)

Les trois rôles impliquent parfois trois personnes différentes mais pas toujours.
Un triangle dramatique peut se dérouler entre deux personnes, une d’entre elles passant alors d’un rôle à l’autre.
Il peut aussi y avoir plus de trois personnes impliquées, un même rôle est rempli par plusieurs d’entre elles (coalitions).

Enjeux psychologiques

Les persécuteurs sont ceux qui établissent les règles (souvent irréalistes) et les mettent en pratique. Ils sont intraitables quant à leur respect et ne se mesure qu’à plus faibles – ou jugés plus faibles – qu’eux.
Les sauveurs sont faussement serviable pour garde un lien de dépendance avec autrui. Il travaille à garder l’autre dans son rôle de victime pour conserver son propre rôle de sauveur.
Les victimes (rebelles ou soumises) sont d’une extrême confusion et lancent d’innombrables appels au secours qu’elles oublient quand ça les arrangent.

AUCUNE de ces positions ne permet une relation saine.
Et pourtant…
C’est bien souvent en victime et en persécuteur que l’on se positionne pour interagir avec autrui.
(Source : http://fr.slideshare.net/rouani/conflit )

Le PN dans tout ça…
Le propre du manipulateur sera de jouer sur TOUS LES TABLEAUX à la fois pour provoquer la confusion de la « vraie victime ».
Vous ne savez plus sur quel pied danser ? Vous ne comprenez pas pourquoi il s’enferme dans telle ou telle réaction ? Pourquoi vos réponses passées, accueillies avec bienveillance hier, vous sont aujourd’hui renvoyées à la tête ?
C’est normal. C’est étudié pour cela.
Le PN impose non seulement à l’autre une certaine situation mais aussi son mode de pensée unique, le rôle idéal que vous aurez à jouer si vous voulez continuer la partie.
Prenez garde.
Le moindre échec sera sans appel.

Persécuteur « par essence », le manipulateur laissera rarement paraître son vrai visage avant que la victime réelle ne soit bel et bien ferrée.
– Il préfèrera plutôt se positionner en victime et vous faire passer pour son persécuteur (j’ai également eu le cas inverse – en début de relation – où il me positionnait en tant que sauveur et prétendait donc que je lui « sauvais » la vie).
OU
– Il sera le sauveur ! Le vôtre, celui de vôtre couple, celui de ses élèves,… Le prince charmant en somme.

Capture d’écran 2015-06-06 à 00.32.24
LUI : Persécuteur – MOI : Victime
Capture d’écran 2015-06-10 à 18.21.47
L’inverse : LUI : Victime – MOI : persécuteur
Capture d’écran 2015-06-21 à 10.52.00
LUI : Victime – MOI : Sauveur


La solution pour être moins manipulable : Sortir du triangle !

C’est toujours compliqué de se sortir d’un triangle… Source : http://www.blog-emploi.com/le-triangle-des-bermudes-de-la-productivite/

Avant toutes choses… Il vous faudra identifier votre rôle !
Impossible de rétablir de saines relations sans une profonde introspection.

Ensuite, les professionnels de la communication ont mis en avant 3 compétences à développer pour rétablie une relation équilibrée :

  • Si vous vous retrouvez dans le rôle de la victime :
    Il est important de reconnaître ses failles et sa propre vulnérabilité.
    De l’accueillir NON PAS comme un moyen d’attirer l’attention d’autrui MAIS comme un point à perfectionner de manière personnelle. Pour soi.
  • Si vous vous reconnaissez dans celui du persécuteur :
    Vous travaillerez sur votre assertivité, c’est à dire capacité à s’exprimer et à défendre ses droits sans empiéter sur ceux des autres. Vous reconnaîtrez votre besoin de soutien mais, d’un autre côté, affirmerez vos force sans culpabilité, ni désir de domination.

  • Si vous vous voyez bien dans la peau du sauveur :
    Il vous faudra à la fois développer votre empathie pour identifier les vrais besoins de votre entourage et écouter vos propres limites pour savoir si vous êtes aptes à aider l’autre…

    Quel que soit votre rôle, vous serez donc à la recherche de l’équilibre dans l’expression de vos besoins.


Edit : Le coup de bambou… (après 50min. de réflexions)
Vous connaissez le proverbe de la paille et la poutre ?
Vous savez qui est une persécutrice dans l’âme… ?
Qui se positionne en victime quand elle est prise en défaut et, dans un deuxième temps, anticipe les besoins de son homme « contre son gré » pour ensuite exiger une gratification ?

Voilà.

Je suis une manipulatrice.
Bleu

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7 réflexions sur “Le triangle de Karpman pour les Nuls

  1. Je ne pensais pas en apprendre autant sur moi et ma manière de fonctionner en faisant mes recherches pour cet article !
    Ça m’a un tout petit peu déstabilisée et puis…
    Je pense que tout le monde a sa part d’ombre – ses petits moments de faiblesse – où il est parfois plus facile de manipuler l’autre que de faire aveu de faiblesse et « demander » clairement ce que l’on souhaite.
    Au moins, je pourrai faire plus attention dans mes futures relations avec autrui et persécuter un peu moins mes proches :p
    (Ça fera des vacances à mon Homme 😉 )

    Aimé par 1 personne

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