Entre parenthèses enchantées et points d’exclamation

Rouge
Je suis de retour !
Autant vous dire que la semaine fut idyllique (vous me pardonnerez de ne pas partager mes photos de vacances, par contre 😉 )
On a pris l’Eurostar vers une semaine sans boulot, sans enfants (laissés au bon soin de leur mamy-gâteau avec promesse de journée au zoo), presque sans Internet,…
Un vrai retour aux sources pour nous. De vraies retrouvailles.

On plaisantait gentiment sur mon sevrage informatique, sur le trajet aller, quand mon téléphone a sonné.
« Numéro privé »
Comment ça le boulot se rappelle déjà à moi ?
Quelques minutes plus tard, la même blague à mon chéri.
On s’est regardé.
On a souri.
On s’est dit « tant pis ».
Pas de boulot, c’est pas de boulot.
Et rien que ça, c’était déjà le retour à cette complicité d’autrefois.
On a claqué nos téléphones, on est parti !

*Restos*
*Visites*
*Pierre de Rosette*
*Balades*

Retour à la maison.
Retrouvailles avec les petits monstres.
Souvenirs, valises de vêtements à lessiver, mises à la sieste des petits et gros bisous plus tard…
BOULOT, LE RETOUR !
*Numéro privé*
Je décroche, assise en tailleur entre les jambes de mon homme, avec un jovial « allô bonjour ».
Petit silence et, franchement, c’est un peu comme si le temps s’était alourdi d’un coup.

« Bonjour Séraphine*, c’est Connard*. Je suis devant chez toi et je dois te parler. Tu sors ou je viens frapper ? »
* Je prends des libertés avec la réalité

Ouaw
Je me déconnecte deux minutes de la réalité.
Je regarde mon chéri dans les yeux. Il est aussi choqué que moi.
Cette outrecuidance ? Cet irrespect ? Cette violation de mon foyer… De mon intimité…
Oh non, mon cœur… Tu m’as connue douce et naïve… Tu vas regretter notre rencontre.

« Tu n’as rien à faire devant chez moi »

Je raccroche.
Je reste calme.
Il n’est pas question de discuter avec lui, pas même de le voir.
Je me lève et m’écarte de la fenêtre.
Je l’écoute sonner comme un débile à ma porte – mes enfants dorment, c’est à eux que je pense.
Je vois son ombre qui attend à travers mes rideaux – mon chéri me regarde, c’est à lui que je pense.
Il a décidé de camper devant chez moi.
Mon téléphone bourdonne, créant la plus angoissante des musiques de fond.
Moi, j’ai appelé la police. J’attends qu’une équipe arrive.
Je me trouve étrangement sereine.

Mon chéri monte à l’étage prendre des photos de sa caisse qui enlaidit notre paysage.
On étoffe ce dossier que j’ai commencé le jour-même où il lui a pris l’idée saugrenue de menacer mon foyer, ma famille.
Je ne comprend pas ce chemin auto-destructeur qu’il emprunte.
Je n’ai jamais cherché à joindre sa femme. Toujours adopté profil bas. Je suis partie du club où j’avais mes habitudes.
Je sais que cette deuxième plainte va te faire du mal.
Pourtant, je le fais sans regret.
Froidement.
Tu franchis mes barrières, je te tape sur les doigts.
Sans colère, sans cris, sans pleurs.
La vérité se suffira à elle-même. Tu es tellement abject que je n’ai rien à ajouter de plus pour convaincre les gens de ta noirceur.

Tu te lasses avant que l’équipe arrive. Peu importe.
Ton sort m’importe si peu. Tout ce que je souhaite, c’est de t’avoir hors de mon espace vital.
Il y a quelques mois de ça, j’aurais volé, triché, menti pour un regard de toi.
Là, je t’entraperçois, les épaules basses, la démarche trainante, la dégaine incertaine…
Pour la première fois de ma vie, je te trouve minable.
Moche.
Pitoyable.
Pathétique (c’est un mot que tu affectionnes).
Tu en es réduit à ça ? Toi, le « guerrier » ? L’homme insurpassable que tu es ?
T’acharner contre ma porte close ?
Tu m’envoies un dernier sms que mon chéri lit.

« J’ai peur des conséquences »

Ce dernier sursaut de lâcheté m’éclabousse comme de la boue.
Je ne suis pas ton bourreau. Je ne suis qu’une victime qui se défend.
Et tu as eu bien tort de croire qu’être victime, c’est être faible.

* Épilogue *
Je bois mon petit café en vous lisant.
Je vous mentirais si je vous disais que je n’ai pas eu un petit moment de stress après ce malheureux épisode mais… Bizarrement… Il est déjà loin dans ma mémoire !
Il y avait l’image que j’avais de lui maintenant, il y a celle que j’ai maintenant.
Pas de violence, plus d’idées de vengeance, juste une indifférence encore légèrement teintée de dégout.
Je me souviens à peine du Prince qu’il a été. Juste du crapaud.
La faute à Londres ? A cette tenue du NO CONTACT malgré l’épreuve ? Au fait qu’on a traversé cette situation ensemble et soudés avec mon chéri ?
Sûrement un mélange de tout…
Je ne suis sûre que d’une chose, si je pouvais encore en douter, tu as déserté mon cœur pour de bon…
Je n’éprouve plus ni amour, ni colère, ni haine, ni rien pour toi…
Ton sort, à présent, m’est bien égal.
Et non, j’en suis pas désolée.

Ces appels « numéros privés »… C’était déjà toi.
Je ne sais pas comment tu es encore au courant de mes mouvements, si tu traines ici, si tu te traines un faux compte et crois-moi bien que je m’en fous.
Je pense que tu as, à dessein, voulu pourrir mes retrouvailles avec mon cher et tendre.
Je n’ai pas le regret de pouvoir t’annoncer que tu t’es vautré comme un minable.
Sans rancune ?
😀

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11 réflexions sur “Entre parenthèses enchantées et points d’exclamation

  1. moi je sais comment il est au courant… Mais tu as bien réagi. Il faut arrêter la spirale infernale. Et porter plainte rend service à toutes celles qui n’ont pas eu le courage ou la force de le faire.

    Aimé par 1 personne

  2. Très contente de lire cette parenthèse idyllique londonienne. Nettement moins de voir le culot de ton PN, même si cela me surprend qu’à demi.

    Tu as très bien réagi: réponse ultra brève au téléphone, tu n’es pas allée le voir, tu as porté plainte et ajouté des preuves au « dossier PN ». Comme tu le dis « tu franchis mes barrières et je te tape sur les doigts ». Ou, « je t’impose des limites, petit morveux capricieux. Apprends à les respecter ». Constatons combien le PN réagit comme un enfant, puisqu’il admet avoir peur des conséquences, là où un adulte aurait anticipé… Remarquons aussi au passage combien ce dernier sms oscille entre la recherche de compassion et la culpabilisation… Solution: raye-le de la surface de la Terre, pardon, raye ce nouveau n° de ton tel.

    Et moi je suis persuadée que c’est GRACE à Londres, au no contact, et surtout grâce au soutien et à la complicité regagnée avec ton chéri qu’il n’y a plus de place dans ton coeur pour ce trucmachinchose.

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  3. Oui je l’avais noté aussi, ce n’est pas a cause de londres, a ton cheri etc ^^ mais GRACE et aussi a ta nouvelle force interieure ^^ maintenant qu’il arrete de te vampiriser ton energie bah tu te retrouve avec une nouvelle force et a bloc ^^

    Aimé par 1 personne

  4. Vous avez bien raison…
    Je me sens de taille à déplacer des montagnes en ce moment :p
    Un vrai regain d’énergie que je n’avais plus depuis… Un petit temps, j’ai l’impression ^^

    Je dois bien dire que cet espèce de « retour de karma » m’apaise un peu.
    J’espère bien qu’il a peur ! Il fait n’importe quoi !
    Il sera lui-même la cause de sa propre perte.
    CQFD

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  5. Et puis, entre nous, je ne pense pas que ça l’aurait empêché de dormir si les « fameuses révélations » qu’il veut absolument faire à mon cher et tendre avaient abouti…
    Tu ne peux pas reprocher une petite frayeur à quelqu’un quand tu mets tout en oeuvre pour activement détruire son foyer !

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  6. Bonjour Séraphine,

    J’ai adoré lire cet article, comme quoi avec l’écriture, on peut transformer un modèle de lâcheté en un récit captivant.

    « Il y a quelques mois de ça, j’aurais volé, triché, menti pour un regard de toi.
    Là, je t’entraperçois, les épaules basses, la démarche trainante, la dégaine incertaine…
    Pour la première fois de ma vie, je te trouve minable.
    Moche.
    Pitoyable.
    Pathétique (c’est un mot que tu affectionnes) »

    Ces mots, je les comprends tellement. J’ai vécu aussi ce genre de scène, où l’autre vient se traîner (ou pavaner ?) devant chez moi. Heureusement, c’est du passé, il n’a pas cherché à revenir entre temps (la peur et aussi il a bien vu que c’était perdu avec moi). Mais c’est tout-à-fait ça, à ce moment, on le voit si différent, si pitoyable. Parce que maintenant, on sait que ce sont des minables. La lâcheté est probablement leur valeur principale, ce qui les définit le mieux avec l’hypocrisie, le mensonge, la perversité et la manipulation 😉

    Aimé par 1 personne

      • Haha, se traîner, oui ça leur va bien ^^ C’est en adéquation avec leur allure générale.
        J’en suis à un certain nombre de mois de No contact, donc je peux dire que le temps arrange bien des choses. Cela dit, quelques piqûres de rappel de temps en temps ne font pas de mal, je me sens apaisée vis-à-vis de cette histoire mais je reste vigilante 🙂

        Aimé par 1 personne

  7. Seraphine j ai adoré ce que je viens de lire: la force est en vous!
    Moi aussi il m a dit une fois a un message que je lui avais écrit, suite au fait qu il ne liker pas les photos de ma fille sur Facebook, car son ex épiait tout et maintenant que je sais qu il la maintenait sous emprise aussi je le comprends mieux 😉
    Bref il m avait dit: relie ton message et tu te trouveras pathétique et pitoyable😳
    Mais c est bien ce qu il est lui.
    Et j ai adore ce passage qu aime la lumiere effraie les vampires moi aussi!
    Bravo en tout cas

    Aimé par 1 personne

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