Du bon usage de vos relations toxiques

J’avais linké il y a quelques temps déjà sur la page Facebook de Séraphine
(Wouaw… Gros moment de schizophrénie ici)
cet article: http://www.madmoizelle.com/relation-toxique
Évidemment, tu te dis : »On voit bien de qui elle parle *wink wink*, c’est une petite réplique du fameux PN *wink wink*, courage Séraphine.
Hé ben non.
(Wouaw… Gros coup de théâtre maintenant)
Parce que, non, c’est pas parce que tu as eu affaire à un PN que ça agit comme un vaccin.
Que nenni.
Tu crois qu’une mauvaise expérience fera – magiquement- de toi quelqu’un de raisonnable et d’intouchable…
Ah ah ah ah… C’est mignon
Voici l’histoire de « Je ne me contente pas de refaire deux fois la même erreur, je la fais 4 ou 5 fois pour être bien sûre ».

NOTA BENE : Je ne parle pas ici de relation avec un PN (dieu m’en préserve) mais d’une relation toxique. On a déjà abordé maintes et maintes fois la différence entre les deux mais, pour faire court, je résumerais la chose comme il suit :
Il y a deux types de parasite affectif, les cas pathologiques et les « honnêtes » connards.

La MadMoizelle y parle de son coup de foudre éclair avec son Jules.
La période lune de miel. La période de fusion. La période de love-bombing.
Hum hum…
Et de la désillusion qui a suivi.

…et tout a brusquement changé

Je me souviens encore de cette cassure si brutale, de ce volte-face trop rapide pour que je puisse m’y préparer. Suite à un évènement pas cool mais pas mortel non plus, il a arrêté. Net. Il a arrêté de prendre soin de moi, d’être là, de s’ouvrir, de s’intéresser à moi. Ça faisait trois mois qu’on parlait toute la journée, tous les jours, et soudain j’étais chanceuse de décrocher quelques textos laconiques.

C’est à ce moment précis de l’article que j’ai reposé ma tasse de café et me suis prise la tête dans les mains.
Ok.
Ça devenait personnel.
Parce que ce genre de relation, je connais. Et pas seulement avec PN.
Cette espèce d’euphorie. D’osmose totale. Ce grand partage et puis… Et puis…
Plus rien.
Nada.
Néant.

Parfois il m’aimait, souvent il ne m’aimait pas.
L’ascenseur émotif était insoutenable. Parfois l’idée de me perdre ne lui faisait ni chaud ni froid, parfois il me promettait que j’étais la seule chose qui le retenait dans ce monde. Parfois on avait un avenir et une chance, parfois je devais me tirer d’urgence.
Moi, j’avais encore dans la bouche et dans le cœur le goût de nos débuts si passionnés. Je me persuadais qu’on pouvait retrouver cette époque bénie.

C’est un peu le goût amer que laissent toutes relations toxiques…
Tant de gens demandent « Mais enfin ? Pourquoi tu restes?  »
Mais tout simplement parce que ça a été tellement bien… Pourquoi ça le serait pas à nouveau ? Qui n’aurait pas envie de s’acharner ?
Mais c’est là que le bas blesse… C’EST de l’acharnement. Et s’acharner toute seule ne mène à rien…

Je comprends cette MadMoizelle quand elle dit qu’elle a été infidèle plus pour ressentir de nouveau amour et tendresse plutôt que pour le sexe. C’est tellement cruel de savoir que, sans avoir changé, sans avoir chamboulé ta vie ou celle de l’autre, sans grand retournement de situation ou de twist… On peut arrêter de t’aimer (ou de te le montrer, ce qui est un peu pareil) comme ça. Du jour au lendemain.
« Bah… Tu sais chaton, finalement, je le sens plus. Hier, c’était bien. Avant hier aussi. Mais on va arrêter les « je t’aime », les grandes discussions et tout le decorum…  »
BIM
« Nan mais je sais que tu as rien changé. C’est de ma faute. C’est comme ça. Moi, je le vis mieux ainsi. »
RE-BIM

Malheureusement, ça ne s’arrête pas là.
Parce que, en plus de te manger le choc affectif. De gérer le manque. De perdre le sommeil et l’appétit à essayer de comprendre. De te réjouir de truc débile. A pleurer. Souvent. Trop souvent…
Il faut en plus affronter ta propre image qui se ternit. S’affadit. S’enlaidit même peu à peu.
Combien de fois ne me suis-je pas dit « Mais allez, tu es Séraphine. Tu lui dois rien à ce mec. Il t’apporte rien. VIRE LE »…
Et je l’ai fait.
Et il a chouiné.
Et j’ai cédé.
Une fois, deux fois, trop de fois (j’ai perdu le compte)
En me réjouissant à chaque fois « ça y est, c’est la bonne. Il ne me fera plus de mal » et en me vomissant à chaque fois « idiote, idiote, idiote, tu t’es encore bien faite avoir ».
Pfffffff… Je me désespère. Sérieux.

Reconnaître une relation toxique

Je sais à présent que cette relation était toxique grâce à plusieurs de ses aspects. Que je tente d’éviter soigneusement dans environ 1000% de mes interactions sociales présentes et futures.

C’était totalement inégalitaire : il s’est mis, seul, à agir différemment d’un coup, ne m’a jamais incluse dans cette décision (un mémo aurait été sympa, au moins), n’a pas pris en compte ses effets potentiels sur moi.

C’était totalement injuste : je n’étais pas responsable de sa baisse de moral et je l’ai chèrement payée ; il voyait que j’en souffrais énormément mais refusait de couper le cordon.

C’était psychologiquement violent : il me disait souvent qu’il ne s’intéressait pas à moi, que ça ne lui ferait ni chaud ni froid que je sorte de sa vie, etc.

Cerise sur le gâteau, il était incapable de me laisser partir. Même s’il pensait m’encourager à le faire.

J’ai presque envie de dire qu’il ne faut pas tomber sur un PN pour bien morfler comme il faut. Et je pense que j’ai raison.
Le plus dur ?
Rester avec quelqu’un qui VISIBLEMENT ne vous aime pas MAIS qui ne veut PAS DU TOUT vous quitter.
Pourquoi ?
Ben… Vous le saurez jamais.
Usant. Déprimant.
Sans fin.

La solution ? Probablement la même que pour les autres tordus…
Vous ne le sauverez pas alors sauvez-vous vous-même.
Fuyez et surtout respectez le NO CONTACT
Respectez-vous !

Aucun amour, aucune relation, aucune promesse ne vaut de pleurer si souvent, de ne pas se sentir maître•sse de son bonheur, de son avenir, de ses actes.
Si vous avez la sensation de dépendre de l’autre (que ce soit votre moitié, un•e ami•e, un•e membre de votre famille…), de ne pas être écouté•e, respecté•e, que vos sensations valent toujours moins…
Barrez-vous !

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